12. févr., 2018

Le trafic du bois de rose

Le sujet d’aujourd’hui n’est pas très réjouissant car nous allons parler du trafic de bois de rose qui continue encore dans notre île. Le bois de rose est un bois précieux très demandé pour la fabrication de guitare et de marqueterie chinoise.

Mais je pensais que les coupes de ces bois avaient cessé ?

Les coupes ont cessé en 2014. Comme les bois précieux se trouvaient notamment dans des réserves classées patrimoine mondial en péril, l’état n’avait d’autre choix que de mettre un embargo sur la coupe de bois précieux. Mais des stocks sont encore disponibles c’est pourquoi le trafic continue.

Donc, légalement, personne n’a le droit d’exploiter de bois précieux déjà coupé ?

Théoriquement, non ! Même les sculpteurs doivent en demander l’autorisation et les stocks saisis par les autorités sont normalement contrôlés. Mais ce sont justement ces stocks saisis qui s’évanouissent dans la nature.

Ça n’a rien de légal tout ça !

Non, du tout ! Et la corruption ne s’arrête pas ici car même les acheteurs de ces bois œuvrent dans l’illégalité, c’est pourquoi les procès vont jusqu’à Singapour. Le fabricant des fameuses guitares Gibson a d’ailleurs été condamné par la justice américaine pour avoir importé du bois de rose malgache.

Est-ce que des mesures ont été prises ici ?

Le Cites (lire citèss) a demandé à l’état malgache plus de transparence car ce sont parfois les stocks dits « saisis » qui finissent par disparaitre. La loi est ambiguë à ce propos car l’exploitation est interdite, ceux qui continue de le faire déclare le bois volé comme des stocks privés.

C’est quoi le Cites ?

La Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction, connue par son sigle CITES ou encore comme la Convention de Washington, est un accord international entre Etats. Elle a pour but de veiller à ce que le commerce international des spécimens d'animaux et de plantes sauvages ne menace pas la survie des espèces auxquelles ils appartiennent.

On a compris que cette histoire de bois de rose est et reste cachée aux yeux du grand public.

Probablement, les activistes qui osent en parler finissent en prison. Ces informations nous proviennent d’ailleurs de Clovis RAZAFIMALALA, à la tête d’un collectif de défense de l’environnement condamné à cinq ans de prison avec sursis après dix mois en détention préventive.

Espérons que cette situation changera.