15. févr., 2018

La tradition du “atero ka alao”

Aujourd’hui dans le billet de la matinale, nous allons parler d’un concept culturel malgache, ce que nous appelons, « atero ka alao », qui peut être traduit en français par le « amène quelque chose et reprends ».

Ce n’est pas très clair ça, pour ceux qui ne le connaissent pas ! Tu peux mieux expliquer ?

C’est une pratique qui préconise le « donnant-donnant », elle s’applique dans le but de renforcer le « fihavanana », ce lien fraternel qui réunit les malgaches. Le « atero ka alao » fait partie des traditions qui continuent à être observées jusqu’à maintenant.

Et en quoi elle consiste réellement ?

A l’origine, elle d’appliquait dans les travaux quotidiens. Si je t’aide à cultiver ton champ, tu vas m’aider à refaire mon toit et ainsi de suite. Au départ, c’était une sorte d’échange de service, comme ce qu’on trouve dans les plateformes collaboratives en France. L’autre forme « d’atero ka alao », c’est par exemple quand on est invité à des cérémonies, on laisse une enveloppe pour les hôtes.

Et maintenant, ça se passe comment ?

Maintenant, on ne se fait plus autant confiance et puis, on n’a plus autant de temps à consacrer aux autres donc, les échanges de services deviennent des échanges d’enveloppes. Cela s’observe le plus souvent pendant les famadihana, on en a déjà parlé dans la matinale ; à la fin de la cérémonie, les invités remettent leur enveloppe aux hôtes. Mais si on va dans les villages, on peut encore voir les formes traditionnelles de cette coutume.

C’est une belle coutume !

C’est surtout la philosophie qui est derrière elle qui est belle. Les malgaches pensent que « donner et recevoir » font partie de la même dualité, tout comme la vie et la mort, les hauts et les bas de la vie. Des notions contraires qui coexistent et qui sont acceptées comme éléments entourant la vie. Les traditions malgaches sont tous basées sur des philosophies de ce genre. La génération actuelle devrait y faire plus attention et les connaitre car la culture est une grande richesse pour les pays qui savent en tirer parti.

Tu as totalement raison, et sur cette bonne note, nous refermons ce billet de la matinale dédié à la culture malgache.