26. juil., 2019

Les billets de la matinale RFM FM 102

La prise en charge du grand âge en France

Ce matin, nous allons parler de la prise en charge du grand âge en France, un sujet d’actualité sachant que cela représentera cinq millions de personnes de plus de 85 ans en 2050. 

Le grand âge est souvent synonyme de diminution non ?

Grand âge ne rime pas nécessairement avec perte d’autonomie sévère. Mais selon l’Insee, le nombre de personnes âgées « dépendantes » au sens de l’Apa (c’est-à-dire susceptible de toucher l’allocation personnalisée d’autonomie) atteindrait 2,3 millions à l’horizon 2060. Penser une prise en charge adéquate est donc nécessaire.

Et où en étant par rapport à cela ?

Ces personnes âgées doivent être accompagnées, en établissement ou chez elles, avec un personnel suffisamment nombreux et bien formé… ce qui fait déjà défaut aujourd’hui. L’engagement des professionnels, des aidants, sont des charges qui plombent les familles… les conséquences d’une politique qui ne financerait pas la prise en charge de la perte d’autonomie à la hauteur des besoins ne sont donc pas de bonne augure.

Mais maintenant qu’on le sait, on peut faire quelque chose non ?

Le rapport sur les Ehpad des députées Caroline Fiat (FI) et Monique Iborra (LREM), remis à l’Assemblée nationale le 14 mars, préconise notamment une norme opposable, donc obligatoire, d’encadrement dans les Ehpad. Il faudrait, selon elles, doubler le nombre d’aides-soignants et d’infirmiers dans les établissements d’ici  4 ans. Une proposition qui « suppose un effort financier ambitieux », estimé par Caroline Fiat entre 8 et 10 milliards d'euros à terme.

Cela fait beaucoup d’argent à trouver !

Le rapport écarte l'option d'une assurance obligatoire privée, au profit de la solidarité nationale. Il propose d'augmenter de 35% l'effort en faveur du grand âge d'ici 2030 (1,6% du PIB au lieu de 1,2% aujourd'hui), soit 9,2 milliards à trouver en plus des 23,7 milliards de dépense publique actuellement affectés à la dépendance. Le président du Haut conseil au financement de la protection sociale, Dominique Libault, préconise de profiter de la fin programmée de la CRDS (ou contribution pour le remboursement de la dette sociale), qui doit disparaître en 2024, pour la remplacer par "un nouveau prélèvement social pérenne" qui serait "en partie" affecté au financement de la perte d'autonomie.

Espérons que tout cela portera ces fruits alors !

Oui, et pour plus de prise en charge, le service civique et bientôt le futur service national universel pourraient être mis à contribution pour rompre l'isolement des personnes âgées. A Madagascar, la prise en charge du grand âge est entièrement laissée à la responsabilité des familles.

Nous avons fait le tour de la question du grand âge, nous pouvons maintenant refermer cette rubrique.