5. août, 2019

Les billets de la matinale RFM FM 102

Le Rova de Manjakamiadana

Trônant sur l’une des plus hautes collines d’Antananarivo à 1 463m d’altitude et visible à des kilomètres, le Rova de Manjakamiadana ou palais de la reine est devenu le symbole de la capitale malgache. Des années après l’incendie qui l’a ravagé le 6 novembre 1995, il semble avoir actuellement retrouvé son éclat d’antan.

La dernière reine de Madagascar a quitté le Rova pendant la colonisation. Qu’est-il devenu depuis ?

Le 28 février 1897, Ranavalona III a quitté le palais et le 3 mars de la même année, un arrêté a installé trois nouvelles entités dans le Palais de la Reine : l’école Le Myre de Vilers, un musée commercial et un musée historique.

Ah ? Le Rova était une école ?

Oui, cette école fut inaugurée le 20 avril 1897 et occupait la grande salle du rez-de-chaussée qui devint un amphithéâtre pouvant contenir 300 élèves. Puis elle céda la place au musée d’Histoire naturelle, quand la vocation exclusivement muséographique des lieux se confirma.

Un musée d’histoire naturelle ?

Exactement, un musée d’histoire naturelle groupant des collections de l’Académie malgache : une collection de magnifiques spécimens naturalisés de reptiles, de poissons, d’oiseaux, d’insectes, etc. une collection de roches, de minéraux et de coquillages fossiles.
Jully ANTHONY, architecte de la Résidence – nommé conservateur du nouveau musée, aménage en premier la salle du premier étage. C’est une immense pièce à plafond très élevé d’une superficie de 360 mètres carrés. Il y regroupe les souvenirs laissés par les souverains merina : mobilier, costumes, lamba, filanjana, étendards, etc.

Et il est donc devenu un vrai musée ?

C’est ça, il renfermait des objets de valeur trouvés dans les tombes d’Ambohimanga lors du transfert des restes royaux dont les lits de parade de Radama 1er et de Rasoherina. Et depuis 1928, la salle des beaux-arts ou salle « Louis du Moulin » (nom de son créateur) était ouverte au deuxième étage. Elle comprennait des toiles d’artistes français, des œuvres des boursiers de Madagascar et des reproductions des chefs d’œuvre de la peinture française. Au même niveau, une pièce plus petite était attribuée aux peintres malgaches.
Et dans les palais annexes, Manampisoa fut réservé aux objets personnels les plus caractéristiques des souverains tels les pistolets, la tabatière et le cahier d’écriture de Radama 1er dans la salle 2, une soupière d’argent, les couronnes et le sabre de Ranavalona 1ère dans la salle 3 ; de nombreuses horloges, des Bibles, des livres de cantiques, des couronnes et des sceptres appartenant à Ranavalona III dans la salle 8.

Malheureusement, l’incendie a tout ravagé… En sait-on plus sur les causes ?

Le samedi 6 novembre 1995, un énorme incendie d’origine encore inconnue de nos jours à ravagé le Palais de la Reine, le temple, les tombeaux et les bâtiments à l’intérieur de l’enceinte du Rova. Le fait que le palais ait gardé une grande partie de ces matériaux en bois a facilité la progression des flammes et des dégâts. Une fois les flammes maitrisées, il ne restait plus que des décombres de pierres.
Une très grande partie des objets, des tableaux et autres œuvres d’art a aussi été perdue dans l’incendie. Seule une infime partie a pu être sauvée et conservée au Palais d’Andafiavaratra avant la réouverture du Rova au public.
En 2015, 45 reproductions de tableaux détruits dans l’incendie ont été réalisées et remises par le gouvernement allemand aux autorités. Ces reproductions ont été possibles grâce à des photos réalisées en 1988, précaution utile avant une grande reconstruction du palais. Plusieurs tableaux réalisés par des peintres malgaches ont aussi intégrés la liste des œuvres actuellement exposés à Anatirova.

Maintenant nous en savons plus sur le Rova de Manjakamiadana et nous pouvons refermer ce billet.