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23. mai, 2019

Le monde admire pour la première fois un trou noir

Un rond sombre au milieu d'un halo flamboyant : pour la première fois dans l'histoire de l'astronomie, une équipe de scientifiques a révélé mercredi la véritable image d'un trou noir.

C'est "une grande percée pour l’humanité!", s'est enthousiasmé depuis Bruxelles Carlos Moedas le commissaire européen chargé de la Recherche.

Présenté lors de six conférences de presse à travers le globe, le premier monstre cosmique à s'être laissé capturer a été débusqué au centre de la galaxie M87, à environ 50 millions d'années-lumière de la Terre. 

"Une distance qu'on peine à s'imaginer", admet le chercheur français Frédéric Gueth, astronome du CNRS et directeur adjoint de l'Institut de radioastronomie millimétrique (IRAM), partenaire des recherches. 

Depuis sa présentation, l’image est très commentée sur les réseaux sociaux, où de nombreux internautes ont vu dans le trou noir un donut, ou l’œil du méchant du +Seigneur des anneaux+, l’ignoble Sauron. "Il nous guette depuis des milliards d'années ce salaud", a tweeté @kaarlmarxx. "On va tous crever !", a lancé @z_trahm.

Les responsables de cette magnifique aventure scientifique: une collaboration internationale baptisée Event Horizon Telescope (EHT), qui regroupe une dizaine de radiotélescopes et d'observatoires répartis autour du globe, de l'Europe jusqu’au pôle sud, en passant par le Chili et Hawaï. 

Combiner ces instruments comme s'ils étaient les petits fragments d'un miroir géant a permis aux astronomes de disposer, le temps de quelques observations, d'un télescope virtuel de la taille de la Terre, avec lequel "on pourrait lire, depuis New York, un journal ouvert à Paris", précise le chercheur.

- "jamais je n'aurais cru en voir un" - L'image du trou noir, depuis si longtemps recherché, si souvent modélisé - et aussi fantasmé - fait l'objet de six articles publiés mercredi dans la revue Astrophysical Journal Letters. D'une dizaine de pages chacun, ils sont le fruit du travail d'environ 200 auteurs, de plus de 60 organismes scientifiques.

Si on parle de trous noirs depuis le XVIIIe siècle, aucun télescope n'avait encore réussi à en observer un, encore moins d'en capter le portrait. 

"Jamais je n'aurais cru en voir un vrai de mon vivant", a déclaré à l'AFP l'astrophysicien CNRS, Jean-Pierre Luminet, auteur de la première simulation numérique d'un trou noir en 1979. 

Un trou noir est un objet céleste qui possède une masse extrêmement importante dans un volume très petit. Comme si la terre était comprimée dans un dé à coudre. Ni la matière ni la lumière ne peuvent s'en échapper, quelle que soit la longueur d'onde. Revers de la médaille: ils sont invisibles. 

Pour contourner ce handicap de taille, les astronomes ont donc cherché à observer le monstre par contraste, sur la matière qui l'entoure.

-Fatigue, tension et bonheur -La première observation groupée de l'EHT date du 5 avril 2017. Huit télescopes ont visé deux trous noirs: Sagittarius A* au centre de notre voie lactée et son congénère de la galaxie M87. 

"Pour que tout fonctionne, il fallait que le temps soit clair partout sur le globe", raconte Pablo Torne de l'IRAM, qui se souvient d'un mélange de fatigue, de tension et de bonheur.

"Statistiquement les chances étaient vraiment maigres... et pourtant !", se remémore le chercheur qui a participé aux observations depuis la salle de contrôle du télescope de 30 mètres de Pico Veleta qui surplombe la Sierra nevada espagnole. 

Trois autres observations suivront les 6, 10 et 11 avril. 

Et ensuite ? Huit mois de stress! Lors de ce type d'opérations groupées, les observations se font à l'aveugle, les astronomes n'ont aucun moyen de savoir si cela a fonctionné. 

- "Cadeau de Noël" -Il aura fallu attendre de débusquer un signal commun à tous les télescopes. Autant dire, dans l'Univers, une aiguille dans une botte de foin. Le tout dans les quatre petaoctets (4 millions de milliards d'octets) de données récoltées. 

"On attendait désespéramment les données du South Pole Telescope (SPT). A cause des conditions extrêmes de l'hiver austral, elles n'ont pu être récupérées que huit mois après les observations", explique Helger Rottmann du Max Planck Institute for Radio Astronomy in Bonn. 

Le 23 décembre 2017, exactement. "Quand quelques heures après nous avons pu établir que tout fonctionnait, c'était un sacré cadeau de Noël", ajoute le spécialiste. 

Et signal corrélé ne veut pas dire image exploitable: plus d'un an de travail a été nécessaire pour retranscrire les données en photo. "Pour plus de sécurité, le travail a été fait quatre fois, par quatre équipes différentes", précise Frédéric Gueth, coauteur de deux des études.

Tous obtiennent la même belle image, un rond sombre sur un halo rouge: l'ombre du trou noir sur le disque de matière qui l'entoure. 

C'est finalement le trou noir de la galaxie M87, pourtant bien plus loin que Sagittarius A*, qui s'est avéré être le plus photogénique !

Midi Madagascar

Le 11/04/19

 

14. mai, 2019

Français de l’Etranger.fr

Accueillez des voyageuses chez vous

Publié le 4 mai 2019  Par Nathalie Laville

Partant du fait que les femmes seules sont de plus en plus nombreuses à voyager, Christina Boixiere a eu l’idée de créer une communauté Web qui permet à ces femmes de trouver un hébergement gratuit à l’étranger ou en France en toute sécurité. Le principe est simple : vous proposez un hébergement, la plateforme « la voyageuse » vérifie votre identité, vous appelle pour vérifier vos intentions, mène des enquêtes de satisfaction… C’est ainsi un réel esprit de communauté sécurisée au féminin qui se crée. Christina Boixiere a elle même beaucoup voyagé seule à l’étranger, elle a aussi vécu à Londres, à Taïwan, et c’est de Bordeaux qu’elle a lancé sa plateforme.

https://www.la-voyageuse.com/

19. juin, 2018

 

Le nouveau pacte ferroviaire en passe d'être acté, les salariés de la SNCF bataillent désormais sur leurs futures conditions de travail, sans le statut de cheminot. - Bruno Levesque MaxPPP

Politique

SNCF

Les 5 points décisifs que les cheminots veulent voir tranchés pour stopper la grève cet été

Par Laurence Dequay, Publié le 11/06/2018

Les cheminots seront-ils encore en grève unitairement après le 28 juin ? Tout dépend des réponses qu’ils obtiendront de la SNCF, des autres employeurs du ferroviaire et de l’Etat cette semaine. Voici les cinq points clés qu’ils veulent voir tranchés : retraites, santé, carrières, augmentations et garanties sociales en cas de concurrence.

Députés et sénateurs ont beau avoir planché pendant des semaines sur la réforme de la SNCF et ses usagers avoir galéré depuis le 3 avril, de nombreuses zones d’ombre restent à éclaircir. Si le nouveau pacte ferroviaire doit acter la disparition du statut des cheminots pour les nouveaux embauchés de la SNCF, le tout lors d'un vote des parlementaires les 13 et 14 juin, les conditions de travail des futurs ex-cheminots sont encore à négocier. C'est l'objet d'une première réunion de l'intersyndicale CGT-SUD Rail-UNSA-CFDT et FO avec la direction de la SNCF, les autres employeurs du chemin de fer (UTP) et l'Etat qui doit se tenir le vendredi 15 juin. Elle s'annonce décisive.

De la visibilité sur les retraites et la santé

Primo, les cheminots veulent que l’Etat pérennise le financement de leur régime de retraite puisque les cotisations des 150.000 actifs ne couvrent pas les pensions des retraités bien plus nombreux (260.000 au total). Secundo, ils veulent aussi que le suivi de leur santé soit garanti dans la durée. En effet, tous les agents des chemins de fer sont actuellement pris en charge, avec de bons résultats, par des médecins maison. Or ce système a un coût pour l’entreprise SNCF et rien ne dit qu’elle voudra encore l’assumer en situation de concurrence. Ils souhaitent donc que leurs acquis soient étendus à tous les employés du ferroviaire.

Ce n’est pas tout. Les cheminots n’ont pas à ce jour de convention collective (leur statut faisait office de convention collective). Et Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, les appelle à négocier un nouveau contrat social interne « de haut niveau ». Ils demandent donc à tous les employeurs du ferroviaire de s’engager, au minimum, sur des grilles de carrières améliorées, incluant un échelon supplémentaire pour tous les agents. Cela afin que leur salaire progresse encore alors que leur carrière s’allonge.

Solidarité avec les personnels embauchés sous le Smic

Autre point : nombre d’embauches à la SNCF s’effectuent toujours à un niveau de salaire inférieur au Smic, de 6% en moyenne. Or ce qui était accepté en échange d’une garantie d’emploi à vie ne va plus de soit avec des agents recrutés sur un CDI classique. Leur intersyndicale exige donc une augmentation de ces rémunérations pour dépasser le Smic. Toutes dispositions qu’elle veut voir retranscrites noir sur blanc, dans un relevé de conclusions paraphé par la SNCF et l’UTP…

Enfin pour éviter que les futurs opérateurs concurrencent uniquement la SNCF sur du moins disant social, avec des personnels qu'elle mettra à disposition et des trains payés par les régions - ce que redoutent fortement SUD Rail, la CGT comme l’UNSA et la CFDT - « nous voulons que les dispositions sociales des futurs appels d’offres soient négociées en amont avec les organisations syndicales », explique Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT cheminots. Un point clé pour éviter qu’à l’avenir, les usagers ne subissent pas de nouvelles grèves en cas de désaccord.

Pour obtenir l’arrêt de la grève par tous les syndicats au début de l’été, ou éviter un pourrissement du mouvement après une sortie éventuelle d’une ou deux organisations, le gouvernement aura donc le plus grand mal à se contenter d’être un « observateur attentif du bon déroulement de ces négociations », selon la formule d’Elisabeth Borne, ministre des Transports. « Le gouvernement dit : 'moi je casse, et vous verrez plus tard pour la reconstruction'. Nous, nous voulons qu’il s’engage sur la reconstruction ! » intime déjà Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots, interviewé par le groupe Ebra. Mais l'exécutif ne veut surtout pas, en s'entremettant trop avant dans les discussions entre employeurs et syndicats, étouffer dans l’œuf la future concurrence dont il attend tant de bienfaits...

9. mai, 2018

Arivonimamo : la construction du télescope SKA avance à grands pas

Le SKA sera le radiotélescope le plus puissant et le plus performant jamais construit. Il sera au moins 50 fois plus sensible et plus de 10000 fois plus rapide que les meilleurs radiotélescopes actuellement opérationnels.

«Tous les matériels sont prêts pour la transformation des anciens appareils de la société Stimad  en télescope». Ce sont là les propos du Pr Charles Ratsifaritana lors d’une conférence organisée en hommage au professeur Stephen Hawking au  petit Amphi de l’ENS Ampefiloha hier. A cet effet, le Pr Charles Ratsifaritana d’annoncer que les actions menées actuellement à Arivonimamo entrent dans le cadre de la réalisation du projet SKA ou « Square Kilometer Array. » Un projet ambitieux qui entend mettre en œuvre le plus grand télescope jamais construit dans le monde. Disposant de différents composants éparpillés dans plusieurs pays, SKA sera le deuxième plus grand appareil scientifique dans le monde après le «collisionneur de Genève». A l’instar de l’Afrique du Sud, Madagascar va abriter un des composants de ce système qui sera localisé à Arivonimamo. Le Pr Charles Ratsifaritana d’expliquer qu’en plus d’être connecté aux restes du radiotélescope, « le centre d’Arivonimamo sera utilisé pour mener des recherches astronomiques où les chercheurs malgaches  et étrangers, mais surtout où les jeunes – étudiants et diplômés – auront la chance de côtoyer les éminents scientifiques  œuvrant dans le domaine ». Par ailleurs, il convient de noter que les matériels de l’ancienne société Stimad  ont été prêtés par le groupe Telma au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique pour une durée de vingt ans. Profitant de l’évènement en hommage au Pr Stephen Hawking, le Pr Charles Ratsifaritana explique que « le projet sera bientôt réalisé. Nous n’allons pas mettre six ans comme le Ghana l’a fait pour monter notre télescope » a-t-il lancé avec fierté.

Voyage. Univers, planètes, galaxies, Big Bang théorie, matière noire, atomes et molécules. Tels ont été les mots utilisés lors de la conférence organisée en hommage au Pr Stephen Hawking à l’ENS Ampefiloha hier. Un évènement durant lequel le Pr Charles Ratsifaritana a transporté l’assistance dans un voyage astral de quelques heures. Voyage qui a permis aux esprits curieux venus sur les lieux d’en apprendre un peu plus sur l’univers, sur l’astronomie et la cosmologie. Mais surtout un voyage qui a permis de répondre à la question fatidique « Quel est l’intérêt de la cosmologie sur la vie quotidienne de l’Homme?» Question à laquelle le scientifique qu’est le Pr Charles Ratsifaritana a facilement répondu. « Les avancées technologiques actuelles sont en grande partie les résultats des recherches menées en astronomie » a-t-il fait savoir. Avant de citer l’exemple des « technologies en imagerie médicale (radio,scanner) ou des technologies multimédias (wifi, lecteur DVD ou CD)». Des informations méconnues de beaucoup de personnes étant donné que l’astronomie est considérée comme sciences dans les nuages plutôt que sciences concrètes.

Midi Madagascar

Mardi 27 mars 2018

José Belalahy

17. avr., 2018

Chronique de Vanf : R.I.P., et basta !

« De mourir ça ne me fait rien. Mais, ca me fait peine de quitter la vie». La réplique est dans Marcel Pagnol. Sur les lèvres d’un Panisse à l’article de la mort. Cette boutade me revient quand j’entends régulièrement (ces derniers temps d’automne austral surtout, comme s’il y avait une saison de la mort, un peu comme la saison des amours) dire des mièvreries censées consoler les survivants. 

 Pannise avait fait mander le curé, mais plus pour lui faire des confidences que véritablement se confesser. Les personnages de la joyeuse bande du Café de la Marine, sur le Vieux Port de Marseille, ne sont pas des calotins quoiqu’ils jurâssent volontiers la «Bonne Mère». Ils se laissent aller au gré des vagues, comme le «ferry-boîte» d’Escartefigue, mécréants par tribord, le «bon diou» dans les jurons de babord, mais surtout cul-bénitiers de bar. 

 Ici, de pastis ou de picon-citron-curaçao : la vérité repose au fond de la dive bouteille, plus d’ailleurs qu’elle n’est dans la bouche des enfants. Les épiceries de mon enfance s’affichaient «alimentation générale» avec ce sous-titre qui, très tôt, capta mon attention : «rhum-vin-bière»... En alimentation générale ! De quoi susciter des vocations précoces à certaines libations...

 Donc, présentement, sirotant ma sacro-sainte THB (les brasseries STAR m’ont intronisé ambassadeur pour avoir suffisamment payé de ma personne : mon «foie», comme dans les affreuses planches de nos années scolaires, faisant «foi»), je suis pris d’une envie de digression sur la mort et sa gestion par les vivants.

 Prétendre que le «pauvre» (dans Marcel Pagnol, «pauvre» est l’épithète obligatoire du défunt) est heureux, là où il est parti alors qu’il se retrouve surtout nulle part, me semble une tartufferie de première. Ma pauvre âme sceptique ne peut concevoir un bonheur au conditionnel. Je préfère me contenter définitivement de la bonne vieille réalité bien concrète de la vie. À la droite de celui dont on ne prononce pas le nom, dans un paradis que, jamais, personne n’a vu : bien trop alambiqué. Pour ma part, je ne trouverais aucun réconfort à écouter les mêmes versets récités machinalement quant à la fin des tourments «ici-bas» : déjà que, jusqu’à preuve du contraire, ce sont nous autres, mangeant encore sur l’herbe, qui nous trouvons «ici-haut» par rapport à eux, là-bas, six pieds sous terre. 

 Le jour où je m’en irai, ne laissez personne raconter de telles billevesées sur le truc d’après. J’ai trop vu de cadavres réduits à l’état de poussière dans mes tombes d’Imerina pour croire que cette forme vague, retenue tant bien que mal par les linceuls pieusement renouvelés, puisse ressusciter et se métempsycoser en de nouveaux «taolambalo» (les huit principaux os longs). Nous ne sommes pas chez Spielberg. 

 Il faut donc une infinie patience, une immense tolérance, et pas mal de bêtise également, je trouve, pour écouter ces vaines paroles assenées aussi doctement. Finalement, trois lettres suffisent,  intelligibles aussi bien en latin qu’en anglais, la lingua franca universelle : R.I.P.